4 personnes sur 5 diagnostiquées un jour BPCO partagent le même point de vue : leur essoufflement est quelque chose de très ancien, de profondément ancré, marquage probable d’une dysfonction génétique… Elles savent aussi, depuis bien longtemps, qu’elles sont différentes des autres au niveau respiratoire. Une sensation vécue dès l’enfance.

Les patients sont de plus en plus capables d’en tracer l’historique. C’est un cheminement patent à des degrés divers qui a un point commun : la frayeur de l’étouffement. Un choc technique physiologique et mécanique qui fige progressivement la vie des individus touchés, se mettant peu à peu en marge de la société. Les cas les plus sévères ne vivent pas, ils survivent.

La Broncho-Pneumopathie-Chronique-Obstructive, c’est l’effondrement du système respiratoire, l’addition de deux phénomènes : obstruction et destruction. Un individu sain respire sans même le réaliser, c’est inné. Mais chez les déficients respiratoires, inspirer et expirer demandent des efforts constants. C’est à ce moment-là que l’on comprend qu’il y a une dégradation sérieuse. Ce n’est plus quelque chose de naturel, mais une contrainte. Comme si un corps étranger bouchait ses voies aériennes en permanence.

La destruction pulmonaire est démontrée lorsque le corps ne peut plus subvenir à son propre fonctionnement. Les transferts d’oxygène et de gaz carbonique sont totalement perturbés : il y a défaillance des échanges gazeux. L’oxygénation du sang n’est plus stable, voire gravement déficitaire. C’est un long processus systémique physiologique qui renverse l’individu. Pensez à une fleur mise sous un bocal. Privée d’air, elle s’affadit et finit par s’écrouler. Le gaz carbonique la tue. Pour un BPCO diagnostiqué tardivement, peu importe si l’on retire le couvercle ou non, le résultat est le même et c’est irrémédiable.

Cela place les déficients respiratoires dans une angoisse permanente. Mais ils ne savent pas qu’il s’agit maintenant de survie. À l’inverse d’un grand nombre de pathologies aux effets radicaux, comme un AVC, cette situation va durer et peut-être s’amplifier sauf urgence extrême.

Sans réaction significative face à cet état de santé au terme d’un long parcours individuel dégradant, c’est la noyade assurée. Au diagnostic, le message est enfin clair. C’est la maladie dans sa toute-puissance renversante. Dos au mur, finalement submergé, il faut rester à la surface. Avec un seul objectif :  Respirer.