Quand se lever, se laver et se nourrir “aspire“ déjà toute son énergie, on pense que le moindre mouvement pour lutter contre la BPCO finira par nous anéantir. Le nouvel univers que découvre officiellement le déficient respiratoire est d’une violence rare, qu’il va vivre, pour un bon moment, en solitaire. La plupart des individus ne sont pas formés pour y faire face.

Alors que la dernière-née des grandes pathologies -3è cause de mortalité en devenir dans le monde- ne fait l’objet d’aucune prévention, un nouveau patient est stigmatisé et écarté du champ d’action des politiques de santé au lieu d’être considéré.

Pas de solution véritable, pas de prévention, pas d’information : le néant presque absolu ou le trop plein d’informations discordantes. Le BPCO est face à un choix particulier.

Qui est capable de le faire ? Où trouver la bonne source et la force nécessaire pour se mobiliser une fois de plus alors que l’on vient d’atteindre le fond ?

Au stade le plus dégradé de l’affection pulmonaire, c’est l’insuffisance respiratoire, on peut vous proposer la greffe ou des dispositifs palliatifs lorsque ceux-ci sont disponibles par un moyen ou un autre. Aucun, en France, à cette heure n’est pris en charge par les autorités de Santé. Le second volet, ce sont les médicaments de confort ou la rééducation (réhabilitation) à l’effort.

Un parcours du combattant incertain au prix d’un calvaire qui déroute l’individu. N’importe quel être humain pourrait tout abandonner.

Entrer en guerre contre soi-même ne sert à rien. La culpabilité, cette-bien nommée, empêche les patients d’avancer et les enterre. Aux médecins de donner des conseils, aux patients de se mobiliser.

Les donneurs de leçons ne sont plus les bienvenus. Qu’ils fument leurs cigarettes dans leur coin. Un BPCO doit se forger une armure et prendre en main sa destinée. Les messages éculés et stéréotypés doivent passer à la poubelle.

Au bout de longues années, il va falloir faire évoluer son entourage. Trouver le bon spécialiste, une équipe médicale efficace, celle qui s’adaptera aux besoins du patient en apportant sa confiance au projet qui pourrait être proposé, quitte à le susciter.

Des lors, il n’y aura que deux choix possibles, selon son état : trouver une alternative à la survie et adapter ses besoins à sa vie sociale, familiale et professionnelle, ou retrouver la vie. L’incidence d’un tel cataclysme n’a pas la même portée à 20, 30 ou 50 ans…